Côte ouest et Ajaccio
De la baie d'Ajaccio aux falaises rouges de Piana et à la réserve volcanique de Scandola, une côte sculptée par le granite et accessible depuis le principal aéroport de l'île.
La côte ouest de la Corse s'étire sur près de 200 kilomètres entre le golfe d'Ajaccio et celui de Calvi, dessinée par une succession de golfes profonds, de presqu'îles granitiques et de falaises de rhyolite rouge. C'est ici, dans la baie d'Ajaccio, que notre agence a son port d'attache : la ville compte 70 000 habitants, un aéroport international (Napoléon Bonaparte), et concentre l'essentiel des liaisons maritimes vers le continent. Depuis le quartier des Étrangers ou la place Foch, on rejoint en quelques minutes le marché couvert où s'achètent le brocciu frais, la coppa de Cuscionu et les figatelli de l'arrière-pays.
Au nord d'Ajaccio, la route D81 grimpe vers Cargèse, village fondé au XVIIe siècle par des familles grecques du Magne fuyant l'Empire ottoman. Les deux églises qui se font face, l'une catholique latine, l'autre grecque-catholique, témoignent encore de cette double identité. Plus loin, Piana annonce l'entrée dans les calanche, ces formations de granite rouge sculptées par l'érosion, inscrites depuis 1983 sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO au titre du golfe de Porto. Les blocs prennent leur teinte la plus intense une heure avant le coucher du soleil ; la route, taillée à flanc, ne fait par endroits que 3,5 mètres de large et impose une conduite prudente.
Le golfe de Porto marque la jonction avec la réserve naturelle de Scandola, créée en 1975 et également classée UNESCO. La péninsule volcanique n'est accessible ni en voiture ni à la nage : seuls les bateaux opérant depuis Porto, Cargèse ou Galéria peuvent en longer les côtes, et le débarquement y est interdit. Entre Scandola et le hameau de Girolata, on peut emprunter le sentier muletier depuis le col de la Croix, deux heures de marche aller-retour sur un terrain de maquis odorant (myrte, ciste, immortelle). Girolata, une vingtaine d'habitants à l'année, n'est relié à aucune route : ravitaillement par bateau, électricité solaire, école fermée depuis longtemps.
L'arrière-pays ajaccien ouvre vers le Liamone et le Taravo, deux vallées céréalières où subsistent des villages perchés comme Sari-d'Orcino ou Zicavo. La transhumance vers l'alpage du Cuscionu, à 1500 mètres, s'y pratique encore en été par quelques bergers qui produisent le bruccatu et le tomme de brebis affinées en cave. C'est aussi dans cette zone, à Sainte-Marie-Sicché et Bocognano, que l'on retrouve les pulendi de farine de châtaigne et les soupes corses servies l'hiver.
Côté mer, les eaux du golfe d'Ajaccio atteignent 22 à 24°C de juin à septembre, plus fraîches dans le golfe de Porto où les remontées d'eau profonde maintiennent souvent 19 à 21°C en juillet. Les plages varient en quelques kilomètres : sable fin à Capo di Feno et au Ruppione, galets à Bussaglia, criques de rochers rouges à Ficaghjola. La pêche artisanale alimente encore plusieurs restaurants d'Ajaccio en denti, pageots et langoustes, et le marché aux poissons du port Tino Rossi reste actif tôt le matin.
Ajaccio, ville natale de Napoléon Bonaparte en 1769, conserve la maison familiale rue Saint-Charles, le musée Fesch (deuxième collection italienne de France après le Louvre) et la cathédrale baroque où l'empereur fut baptisé. Les fêtes napoléoniennes du 15 août rassemblent reconstitutions en costume et messe à la chapelle impériale. C'est, pour beaucoup de voyageurs, le premier contact avec l'île, et un point d'entrée que notre équipe juge logique pour explorer ensuite vers le nord et le centre.
À découvrir
Les calanche de Piana au crépuscule. Roches de rhyolite rouge sculptées en aiguilles et tafoni, à parcourir lentement sur les 10 km de la D81 entre Piana et Porto. La lumière tombe juste avant le coucher du soleil, vers 20h en juillet.
Scandola et Girolata par la mer. Sortie de 3 à 4 heures en bateau depuis Porto pour longer la réserve volcanique, repérer les balbuzards pêcheurs nichant sur les falaises, et débarquer à Girolata, hameau sans route accessible uniquement par mer ou sentier muletier.
Le marché d'Ajaccio place Foch. Tous les matins sauf le lundi, étals de brocciu, charcuterie de Cuscionu, miels de maquis et clémentines de Corse en hiver. C'est aussi là que notre équipe vient s'approvisionner avant les pique-niques en montagne.
Cargèse, héritage grec. Deux églises se faisant face, l'une catholique latine, l'autre grecque-catholique, témoignage des familles maniotes installées au XVIIe siècle. La messe orthodoxe du dimanche matin se chante encore partiellement en grec.
Bergerie du Cuscionu en été. À 1500 mètres d'altitude, plateau d'estive accessible depuis Zicavo par une piste de 12 km. Quelques bergers y montent leurs brebis de juin à septembre et fabriquent encore le bruccatu sur place.
Quand y aller
La saison la plus équilibrée court de mi-mai à mi-juin et de mi-septembre à mi-octobre : températures de 22 à 27°C en journée, mer entre 19 et 22°C, sentiers du littoral encore fleuris au printemps et lumière douce en automne. Juillet et août atteignent 30 à 33°C à Ajaccio, parfois 35°C dans l'arrière-pays, avec une affluence forte sur la D81 entre Piana et Porto ; les bateaux pour Scandola se réservent alors plusieurs jours à l'avance. L'eau culmine à 24°C en août, idéale pour la baignade mais peu propice à la randonnée en plein midi.
De novembre à mars, le littoral reste praticable avec 12 à 16°C en journée, mais beaucoup d'hôtels et de restaurants de bord de mer ferment entre novembre et mars. Les pluies se concentrent en novembre et décembre (parfois 150 mm mensuels à Ajaccio) et les routes de montagne menant au Cuscionu ou au col de Vergio peuvent être enneigées de décembre à avril. Notre équipe conseille d'éviter la première quinzaine d'août si l'on cherche du calme.
Conseils pratiques
Comptez au minimum 4 à 5 jours pour parcourir la région sans précipitation : une journée à Ajaccio et ses environs, deux journées entre Piana, Porto et Scandola, et un ou deux jours dans l'arrière-pays du Liamone ou du Taravo. L'aéroport Napoléon Bonaparte d'Ajaccio et le port de commerce constituent les points d'entrée les plus directs ; depuis le continent, la traversée maritime depuis Marseille, Toulon ou Nice dure de 6 à 12 heures selon la liaison. Entre Ajaccio et Porto, la route sinueuse demande environ 2 heures pour 85 km, et la conduite de nuit sur la corniche est déconseillée.
La côte ouest se combine naturellement avec la Balagne et le Cap Corse vers le nord (Calvi est à 2h30 de Porto par la D81), ou avec le centre montagneux par le col de Vergio (1477 m) et la forêt d'Aïtone. Pour un premier voyage, notre équipe propose souvent un itinéraire côte ouest + extrême sud + centre montagneux sur 12 à 15 jours. La région convient bien aux voyageurs contemplatifs et aux marcheurs ; les familles avec jeunes enfants préfèreront les plages du golfe d'Ajaccio (Ruppione, Verghia) aux criques escarpées du golfe de Porto. L'offre d'hébergement va du gîte rural en pierre à Ota ou Évisa aux maisons d'hôtes de caractère dans la vieille ville d'Ajaccio.
